Et sur Cavok 2 on dort comment ?
En solitaire les périodes de sommeil sont courtes : réglage des voiles du bateau, conduite du bateau (même si le pilote automatique prend souvent la relève), surveillance des autres bateaux et des collisions possibles, anticipation des changements météo, toutes ces contraintes ne favorisent pas un repos prolongé : Il est généralement inférieur à 40 minutes. Le réveil sonne souvent…
Le sommeil se divise en trois grandes périodes. Il commence par une phase de sommeil lent léger (endormissement), puis un sommeil profond (c’est la récupération physique : tous les muscles sont complètement détendus) et enfin le sommeil paradoxal qui est indispensable à la récupération cérébrale. Le cycle habituel de l’adulte qui comprend ces trois phases est de 90 à 120 mn ; et une bonne nuit de sommeil comprend 3 à 5 cycles ; pour une durée totale de 7h en moyenne.
Le sommeil du marin a la même structure mais est beaucoup plus court. En navigation la fatigue physique permet d’avoir un endormissement rapide et les deux autres phases de sommeil sont de fait très courtes. Il faut donc remplacer la durée par la fréquence.
Si les conditions de navigation n’ont pas changé, que le pilote automatique garde le cap, et qu’il n’y pas de bateaux aux environs, rien n’empêche de repartir pour un nouveau court sommeil… finalement en cumulé sur une période de 24h on arrive à avoir notre « quota de sommeil ». Au large, au milieu de l’Atlantique où les conditions de vent sont stables et l’horizon désert, un sommeil de deux heures est même envisageable.
Il faut avoir une certaine discipline. En début de traversée, dans l’excitation de la course on peut négliger le repos. La fatigue s’accumulant on risque alors de tomber dans des « micros-sommeils » (endormissements soudains et involontaires), ou même d’avoir des hallucinations (certains racontent que bien qu’en solitaire ils croyaient avoir un équipier à bord et lui parlaient…). La norme veut qu’une période de 18 heures sans sommeil est le maximum tolérable par le cerveau.
Il y a donc un rythme à acquérir.
Qu’importe la durée, ce qui compte c’est la quantité globale de « bon sommeil » accumulé pour rester en forme et performant.

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